PharmaciesRessourcesConsolider et comparer plusieurs officines : la vue groupe de gestion dont un titulaire multi-officines a besoin
Pharmacies & officines 8 min de lecture

Consolider et comparer plusieurs officines : la vue groupe de gestion dont un titulaire multi-officines a besoin

Comment un titulaire de plusieurs officines construit une vue groupe de gestion pour comparer ses pharmacies malgré des mix produits et des plans comptables différents, sans attendre le bilan annuel.

Ce qu'il faut retenir

  • Une vue groupe de gestion n'est pas une consolidation statutaire : elle sert à piloter, à comparer et à décider, pas à produire des comptes légaux.
  • Comparer deux officines n'a de sens qu'avec une grille de lecture commune (CA HT, marge par famille, EBE, masse salariale sur CA), retraitée par-dessus des plans comptables qui ne se ressemblent pas.
  • Attendre le bilan annuel, c'est piloter avec douze à dix-huit mois de retard : le suivi en continu change la nature des décisions.

Quand vous détenez une seule officine, vous vivez avec elle au quotidien. Vous sentez le flux au comptoir, vous connaissez vos équipes, vous voyez passer les grosses ordonnances. À deux, trois ou cinq officines, ce ressenti ne tient plus. Chaque officine est le plus souvent une société distincte, avec sa propre comptabilité, parfois son propre cabinet d'expertise comptable, son propre plan comptable et ses propres habitudes de saisie. Vous vous retrouvez à additionner des chiffres qui ne se comparent pas, ou pire, à attendre la fin de l'exercice pour savoir laquelle de vos officines tire le groupe vers le haut et laquelle le freine.

Cet article explique pourquoi un titulaire multi-officines a besoin d'une vue groupe de gestion, ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas, et comment comparer des officines qui n'ont ni le même mix produit ni le même plan comptable.

Vue groupe de gestion et consolidation statutaire : deux choses différentes

Le mot consolidation prête à confusion, parce qu'il recouvre deux réalités très éloignées.

La consolidation statutaire est une obligation ou une pratique comptable : on agrège les comptes de plusieurs sociétés (vos SEL, votre SPFPL) en éliminant les opérations internes, selon des règles précises, pour produire des états financiers de groupe. C'est le domaine de l'expert-comptable et du commissaire aux comptes. Elle est lourde, annuelle ou semestrielle, et sa finalité est légale et fiscale.

La vue groupe de gestion, elle, sert à piloter. Son but n'est pas de produire un document opposable, mais de vous donner une lecture homogène de vos officines pour décider : où investir, quelle officine a un problème de marge, laquelle porte sa masse salariale, laquelle est prête à absorber un rachat. Elle tolère l'estimation, elle privilégie la fraîcheur de l'information sur la précision au centime, et elle vit toute l'année, pas une fois par an.

Un titulaire multi-officines a besoin des deux. Mais c'est la seconde qui lui manque presque toujours, parce que rien dans sa chaîne comptable classique ne la produit spontanément.

Pourquoi additionner les officines ne suffit pas

Le réflexe naturel consiste à faire la somme : additionner les chiffres d'affaires, additionner les marges, additionner les résultats. Cela donne un total, mais un total qui masque l'essentiel.

Deux officines peuvent afficher le même chiffre d'affaires et n'avoir rien à voir :

  • L'une réalise une grosse part de son activité sur des ordonnances lourdes remboursables à marge encadrée, l'autre sur de la parapharmacie et de l'OTC à marge libre plus élevée. À CA égal, la seconde dégage bien plus de marge.
  • L'une a une équipe surdimensionnée héritée d'un ancien titulaire, l'autre est à l'os. Leur masse salariale rapportée au CA n'a rien de comparable.
  • L'une paie un loyer commercial élevé en centre-ville, l'autre est propriétaire de ses murs via une SCI.

Additionner efface ces différences. Comparer les révèle. Et c'est la comparaison, pas le total, qui vous dit où agir.

Le problème concret : des plans comptables qui ne se ressemblent pas

Voici la difficulté que rencontre tout titulaire qui essaie de comparer ses officines lui-même. Chaque comptabilité a été tenue avec ses propres conventions.

Dans une officine, les honoraires de dispensation sont peut-être ventilés dans un compte de vente dédié ; dans une autre, ils sont noyés dans le chiffre d'affaires global. L'une distingue finement la parapharmacie de l'OTC, l'autre met tout dans un compte fourre-tout. Les remises fournisseurs, les coopérations commerciales, les ristournes de grossiste-répartiteur ne sont pas toujours enregistrées au même endroit ni au même moment. Quand deux cabinets comptables différents interviennent, l'écart de méthode se creuse encore.

Résultat : mettre deux balances côte à côte ne produit aucune comparaison fiable. Un poste qui pèse 4 % dans l'une et 1 % dans l'autre peut refléter une vraie différence de gestion, ou simplement une différence de plan comptable.

Pour comparer, il faut donc une grille de lecture commune posée par-dessus les comptabilités : un modèle qui va rechercher, dans chaque plan comptable, à quoi correspond réellement chaque euro, et le reclasser dans des catégories identiques d'une officine à l'autre. C'est un travail de retraitement, pas de simple addition. C'est aussi le travail que personne ne fait spontanément, parce qu'il tombe entre les mains de l'expert-comptable (dont ce n'est pas la mission de pilotage) et les vôtres (qui n'avez pas le temps de le refaire chaque mois).

Les indicateurs à suivre par officine

Une fois la grille commune posée, quelques indicateurs suffisent à piloter un groupe d'officines. L'objectif n'est pas de tout mesurer, mais de mesurer la même chose partout.

  1. Le chiffre d'affaires HT, décomposé par grande famille : remboursable, OTC et médication conseil, parapharmacie. C'est le socle. Le CA global ne dit rien sans sa décomposition.
  2. La marge par famille. La marge sur le remboursable est encadrée, celle sur l'OTC et la parapharmacie est libre et plus élevée. Suivre la marge globale sans la décomposer revient à ignorer le levier principal de rentabilité d'une officine.
  3. Le taux de marge global, en gardant en tête qu'il n'a de sens que rapporté au mix. Une officine à 29 % de marge avec beaucoup de parapharmacie peut être moins bien pilotée qu'une officine à 31 % très orientée remboursable.
  4. La masse salariale rapportée au CA HT. C'est souvent le premier poste de charge et le principal écart de rentabilité entre deux officines de taille comparable.
  5. L'EBE (excédent brut d'exploitation), ou EBITDA. C'est l'indicateur de rentabilité opérationnelle qui permet de comparer des officines indépendamment de leur structure de financement et de leur mode de détention des murs. C'est aussi la base de la plupart des valorisations.
  6. La trésorerie, suivie par officine et au niveau du groupe, parce que c'est elle qui conditionne votre capacité à investir, à recruter ou à racheter.

L'intérêt n'est pas seulement d'avoir ces chiffres, mais de les avoir côte à côte, dans le même format, à la même date. C'est là que la comparaison devient un outil de décision : vous voyez immédiatement quelle officine décroche sur la marge parapharmacie, laquelle a une masse salariale qui dérive, laquelle génère l'EBE qui financera la prochaine acquisition.

Sortir de l'attente du bilan annuel

Le mode de pilotage le plus répandu chez les titulaires reste le pire pour un groupe : attendre le bilan. L'expert-comptable produit les comptes plusieurs mois après la clôture. Vous découvrez alors, avec un an de recul, ce qui s'est passé. Une dérive de marge repérée en mars sur l'exercice de l'année précédente, c'est une dérive que vous avez subie douze à dix-huit mois durant sans le savoir.

Un suivi en continu ne remplace pas le bilan, il change ce que vous pouvez décider avant lui. En reconstituant chaque mois une estimation de la marge, de l'EBE et de la trésorerie par officine à partir des écritures déjà disponibles, vous passez d'un pilotage rétrospectif à un pilotage courant. Vous ne validez pas vos comptes en avance (c'est le rôle de la clôture), mais vous cessez de naviguer à l'aveugle entre deux bilans.

Concrètement, cela veut dire repérer en cours d'année qu'une officine a vu sa marge remboursable se tasser, qu'une autre a laissé filer sa masse salariale après un recrutement, ou qu'une troisième dégage plus de trésorerie que prévu et pourrait porter un investissement. Ce sont des décisions qui n'ont de valeur que si vous les prenez à temps.

Où se situe un outil comme Heelio

Heelio est une couche de pilotage financier posée au-dessus de vos comptabilités. Concrètement, il se connecte aux données comptables de chacune de vos officines (import du FEC ou d'un fichier Excel, quel que soit le logiciel comptable utilisé), reconstitue automatiquement la trésorerie, un compte de résultat estimé, un prévisionnel et des indicateurs, puis applique la même grille de lecture à toutes vos entités pour les consolider en une vue groupe de gestion et les comparer entre elles. Les accès se cloisonnent par rôle, ce qui compte quand plusieurs associés ou managers d'officine n'ont pas à tout voir.

Il faut être clair sur ce que Heelio n'est pas.

  • Heelio ne remplace pas votre expert-comptable. Il ne tient pas votre comptabilité, ne produit pas vos comptes annuels, ne fait pas votre liasse fiscale ni votre consolidation statutaire. Les chiffres qu'il reconstitue sont des estimations de gestion, pas des comptes certifiés.
  • Heelio ne remplace pas votre LGO (LGPI, Winpharma, Smart Rx et autres). Le logiciel de gestion d'officine gère la délivrance, le comptoir, les stocks et le lien avec l'assurance maladie. Heelio ne touche pas au comptoir : il travaille sur la couche financière, en aval.

Autrement dit, Heelio ne remplace personne dans votre chaîne existante. Il occupe la place vide entre votre comptable et votre ressenti de terrain : la vue groupe de gestion, à jour en continu, avec la même grille de lecture pour toutes vos officines.

Ce qu'il faut retenir

  • La vue groupe de gestion n'est pas la consolidation statutaire. L'une sert à décider toute l'année, l'autre à produire des comptes légaux une fois par an. Un titulaire multi-officines a besoin des deux, mais c'est la première qui lui manque.
  • On ne compare pas des officines en additionnant leurs comptes. Il faut poser une grille de lecture commune par-dessus des plans comptables différents, puis suivre les mêmes indicateurs partout : CA HT par famille, marge par famille, EBE, masse salariale sur CA, trésorerie.
  • Attendre le bilan, c'est piloter avec un an de retard. Un suivi mensuel estimé ne remplace pas la clôture, mais il vous rend les décisions qui n'ont de valeur qu'à temps.

Vos officines, une seule lecture

Heelio consolide vos officines, compare leur marge par famille et modélise vos rachats. Voyons ce que ça donne sur vos officines.

Découvrir Heelio pour les pharmacies